
Votre assurance habitation vous protège des accidents, mais vous laisse totalement démuni face aux injustices du quotidien.
- Elle ne finance pas l’avocat nécessaire pour attaquer un artisan malhonnête ou un vendeur de mauvaise foi.
- Elle n’intervient pas pour faire respecter vos droits face à un employeur ou régler un conflit de voisinage qui s’envenime.
Recommandation : La protection juridique autonome n’est pas une simple option. C’est l’outil indispensable qui transforme vos droits théoriques en un pouvoir d’agir concret et accessible.
Face à un litige, le premier réflexe est souvent de se tourner vers son contrat d’assurance habitation (MRH). On pense, à juste titre, y trouver une forme de sécurité. Pourtant, cette confiance est souvent source d’une cruelle désillusion. La garantie Responsabilité Civile (RC), incluse dans toutes les MRH, est un bouclier indispensable, mais un bouclier seulement. Elle vous protège lorsque vous causez un dommage à autrui. Mais que se passe-t-il lorsque c’est vous qui êtes la victime ? Quand un professionnel ne respecte pas ses engagements, quand un voisin vous cause un préjudice, ou quand vos droits au travail sont bafoués ?
La plupart des articles se contentent de lister les domaines d’intervention d’une assurance protection juridique. Ils oublient l’essentiel. L’enjeu n’est pas de savoir si votre contrat couvre les litiges de consommation, mais de comprendre la différence fondamentale entre être assuré et avoir le pouvoir de se défendre. Votre droit n’est pas une option, c’est une certitude qui doit pouvoir être exercée. Or, sans les moyens financiers et l’expertise technique, un droit reste une simple abstraction, une ligne dans un code de loi que vous ne pourrez jamais faire appliquer.
Et si la véritable question n’était pas « ai-je besoin d’une garantie en plus ? », mais plutôt « comment puis-je rééquilibrer le rapport de force quand je suis seul face à une entreprise, un voisin ou un employeur ? ». Cet article n’est pas un catalogue de garanties. C’est un manifeste pour l’accès au droit. Nous allons démontrer, à travers 8 situations concrètes et souvent douloureuses, pourquoi la protection juridique autonome n’est pas une assurance comme les autres, mais bien l’arme qui transforme un droit théorique en un droit concret et victorieux. Vous découvrirez comment elle finance les experts, les avocats et les médiateurs qui, seuls, peuvent faire pencher la balance de la justice de votre côté.
Cet article va décortiquer pour vous les cas de figure les plus courants où la confusion entre Responsabilité Civile et Protection Juridique peut vous coûter très cher. Le sommaire ci-dessous vous guidera à travers ces situations pour une prise de conscience claire et efficace.
Sommaire : Les situations concrètes où la protection juridique change tout
- Licenciement ou harcèlement : comment votre protection juridique finance-t-elle les honoraires d’avocat aux Prud’hommes ?
- Arbre du voisin ou nuisances sonores : quelle garantie active l’intervention d’un médiateur ?
- Vice caché auto ou malfaçon travaux : l’erreur de croire que la RC suffit pour attaquer un professionnel
- Pourquoi votre assureur refuse-t-il d’intervenir pour un litige inférieur à 250 € ?
- Divorce amiable : quand la protection juridique prend-elle en charge les frais de la convention ?
- Lunettes cassées ou blessure : comment la RC indemnise-t-elle différemment selon le type de dégât ?
- Renonciation à recours : pourquoi le bailleur vous oblige-t-il à renoncer à l’attaquer en cas d’incendie ?
- Attestation RC scolaire ou vie privée : quelle différence juridique pour couvrir les bêtises de votre enfant ?
Licenciement ou harcèlement : comment votre protection juridique finance-t-elle les honoraires d’avocat aux Prud’hommes ?
Se retrouver face à son employeur devant le Conseil de Prud’hommes est l’une des situations les plus intimidantes qui soient. Le rapport de force est par nature déséquilibré : l’entreprise dispose de services juridiques, de moyens financiers et d’une expérience des procédures que le salarié n’a pas. C’est précisément ici que la protection juridique devient un outil de rééquilibrage massif. Son premier rôle est de supprimer le principal obstacle à l’action en justice : le coût. Savoir qu’une procédure peut coûter entre 2 000€ et 4 000€ HT d’honoraires fixes, sans compter un intéressement sur les gains, suffit à décourager la plupart des salariés, même lorsque leur droit est bafoué.
La protection juridique lève cette barrière financière. Elle ne se contente pas de vous donner un conseil téléphonique ; elle finance activement votre défense. Concrètement, elle prend en charge les honoraires de l’avocat que vous choisissez librement, ainsi que les éventuels frais d’huissier ou d’expertise. Certains contrats proposent des plafonds de prise en charge très élevés, pouvant atteindre 50 000 € par litige, ce qui couvre la quasi-totalité des procédures prud’homales. C’est la garantie de pouvoir se battre à armes égales, en étant représenté par un spécialiste du droit du travail, sans craindre de devoir y laisser toutes ses économies.
Au-delà du financement, l’accompagnement est total, de la phase de conseil à l’exécution du jugement. C’est un arsenal juridique complet qui se met à votre service. L’assureur met à disposition une équipe de juristes qui va d’abord tenter une résolution amiable, souvent plus rapide et moins éprouvante. Si cette phase échoue, le soutien financier pour la phase judiciaire se déclenche. C’est la fin de la solitude et du sentiment d’impuissance face à une situation de licenciement abusif ou de harcèlement.
Votre plan d’action avec la protection juridique en cas de conflit au travail
- Premier contact : Appelez la plateforme juridique de votre assureur pour une analyse immédiate et confidentielle de votre situation par un juriste spécialisé.
- Analyse préventive : Faites vérifier votre solde de tout compte, votre attestation Pôle emploi ou votre projet de rupture conventionnelle AVANT toute signature pour identifier les pièges.
- Négociation amiable : Mandatez le juriste de votre assurance pour qu’il engage une négociation formelle avec votre employeur, ce qui suffit souvent à débloquer la situation.
- Soutien judiciaire : En cas d’échec de l’amiable, activez la prise en charge des frais de procédure (avocat, huissier) pour saisir le Conseil de Prud’hommes en toute sérénité financière.
Arbre du voisin ou nuisances sonores : quelle garantie active l’intervention d’un médiateur ?
Un conflit de voisinage, qu’il s’agisse de branches qui dépassent, de bruits incessants ou d’un différend sur une limite de propriété, peut rapidement empoisonner le quotidien. L’erreur commune est de laisser la situation s’envenimer ou de saisir directement la justice, des démarches longues, coûteuses et qui laissent des traces indélébiles entre voisins. La protection juridique offre une voie alternative, plus rapide et plus sereine : la médiation. En France, pour les litiges de voisinage et ceux dont l’enjeu est inférieur à 5 000 €, une tentative de résolution amiable est même devenue obligatoire avant de pouvoir saisir un juge.
C’est là que la PJ déploie toute sa valeur. Elle ne se contente pas de vous conseiller, elle finance l’intervention d’un médiateur de justice. Contrairement au conciliateur qui est un auxiliaire de justice bénévole et dont les disponibilités peuvent être limitées, le médiateur est un professionnel rémunéré. Sa prestation, qui serait à votre charge sans assurance, est ici prise en charge. Cela garantit une intervention rapide et un cadre structuré pour trouver une solution négociée et acceptée par les deux parties. L’accord issu d’une médiation peut être homologué par un juge, lui donnant la même force qu’un jugement.

La différence est fondamentale, comme le montre la comparaison ci-dessous. La PJ vous donne accès à une justice privée, plus rapide et souvent plus efficace, en la finançant. Elle transforme un dialogue de sourds en une discussion constructive, encadrée par un professionnel neutre dont l’unique objectif est de trouver un terrain d’entente. C’est l’assurance de ne pas laisser un petit conflit se transformer en une guerre de tranchées judiciaire.
Votre assureur vous aide à constituer le dossier et contacte directement le médiateur. Cet effet de dissuasion préventive est également puissant : un voisin qui reçoit un courrier d’un service juridique est souvent plus enclin à discuter que s’il ne reçoit qu’une simple lettre de votre part.
| Critère | Conciliateur de justice | Médiateur |
|---|---|---|
| Coût | Gratuit | Payant (pris en charge par PJ) |
| Délai d’obtention | Variable selon disponibilité | Plus rapide |
| Obligation préalable | Oui pour litiges < 5000€ et troubles voisinage | Alternative au conciliateur |
| Durée de mission | Sans limite imposée | 5 mois max (prolongeable 3 mois) |
Vice caché auto ou malfaçon travaux : l’erreur de croire que la RC suffit pour attaquer un professionnel
C’est un scénario malheureusement classique : vous achetez une voiture d’occasion qui tombe en panne majeure quelques semaines plus tard, ou vous faites réaliser des travaux de rénovation qui se révèlent pleins de malfaçons. Votre premier réflexe pourrait être de penser que votre assurance habitation vous aidera. C’est une erreur fondamentale. La Responsabilité Civile (RC) de votre contrat habitation ne sert qu’à une chose : indemniser les dommages que vous causez aux autres. Elle est totalement inopérante lorsque vous êtes la victime et que vous devez attaquer un professionnel pour faire valoir vos droits.
C’est ici que l’absence de protection juridique autonome se transforme en un véritable piège financier. Pour prouver un vice caché sur un véhicule ou une malfaçon dans des travaux, la parole ne suffit pas. Il faut un rapport d’expertise. Or, une expertise judiciaire contradictoire, seule preuve irréfutable devant un tribunal, est une procédure coûteuse. Le coût de l’inaction est alors immense : face à une expertise à 2 000 €, beaucoup de particuliers abandonnent la procédure, même si le préjudice est de 8 000 € ou plus. Le professionnel malhonnête le sait et parie sur cet abandon.
La protection juridique brise ce cercle vicieux. Elle agit comme le bras armé de vos droits en finançant cette expertise cruciale. Le simple fait d’annoncer au vendeur ou à l’artisan que vous mandatez un expert via votre assurance suffit souvent à le faire plier et à l’inciter à trouver une solution amiable (réparation, remboursement). Si le professionnel persiste, la PJ prend en charge non seulement l’expert, mais aussi les frais d’avocat pour l’assigner en justice. Elle rééquilibre totalement le rapport de force en vous donnant les mêmes armes que votre adversaire.
Étude de cas : le vice caché qui ne mène plus à l’abandon
Prenons l’exemple d’un particulier qui achète une voiture d’occasion à 8 000 €. Deux mois après, une panne moteur survient. Le garagiste estime les réparations à 4 000 €. Pour prouver le vice caché, une expertise judiciaire est nécessaire, coûtant 2 000 €. Sans protection juridique, le particulier est face à un dilemme : dépenser 2 000 € supplémentaires avec un résultat incertain, ou abandonner et perdre ses 8 000 €. Avec une protection juridique, l’assureur prend en charge les 2 000 € d’expertise. Fort de ce rapport, le particulier peut alors exiger l’annulation de la vente ou la prise en charge des réparations, à l’amiable ou devant les tribunaux, avec des frais d’avocat également couverts.
Pourquoi votre assureur refuse-t-il d’intervenir pour un litige inférieur à 250 € ?
Vous avez souscrit une protection juridique, un litige survient avec un site de e-commerce pour un produit à 100 €, et votre assureur vous informe qu’il n’interviendra pas. La frustration est immense et le sentiment d’injustice, palpable. Cette situation est due à une clause présente dans la quasi-totalité des contrats : le seuil d’intervention. Il s’agit du montant minimum en jeu dans un litige pour que l’assureur déclenche les garanties de prise en charge des frais (avocat, expert, etc.). Ce seuil est un mécanisme économique : il permet aux assureurs de ne pas avoir à gérer des milliers de micro-litiges dont le coût de traitement dépasserait l’enjeu financier, ce qui maintiendrait les cotisations à un niveau acceptable.
Ce seuil se situe généralement, selon les conditions générales des principaux assureurs français, dans une fourchette de 150 € à 220 €. Cela signifie que pour un litige dont l’enjeu financier est inférieur, l’assureur ne paiera pas les frais de procédure. Cependant, et c’est une nuance capitale, cela ne rend pas votre contrat inutile, bien au contraire. La plupart des contrats distinguent la prise en charge des frais de l’accès à l’information juridique. Le service de conseil juridique par téléphone est, lui, quasiment toujours accessible sans aucun seuil et de manière illimitée.
Pour ce litige à 100 €, vous ne pourrez pas mandater un avocat aux frais de l’assurance, mais vous pouvez appeler un juriste qui vous expliquera vos droits, vous aidera à rédiger un courrier de mise en demeure percutant et vous fournira un modèle de lettre type. Cette simple intervention, qui montre au vendeur que vous êtes conseillé, suffit dans 90% des cas à résoudre le problème. L’assistance juridique vous donne la stratégie, même si la protection juridique ne finance pas l’artillerie lourde pour les « petits » conflits. Votre contrat reste donc un outil puissant, à condition de savoir comment l’utiliser, même sous le seuil.
- Utilisez sans modération le service de conseil juridique téléphonique, qui n’est pas soumis au seuil.
- Demandez à votre juriste des modèles de courriers types (mise en demeure, contestation) à envoyer en recommandé.
- Vérifiez si le seuil s’applique uniquement à la phase judiciaire. Souvent, la tentative de résolution amiable par le juriste de l’assurance n’est pas plafonnée.
- Si vous avez plusieurs petits litiges avec le même professionnel, leur cumul peut permettre de dépasser le seuil d’intervention.
Divorce amiable : quand la protection juridique prend-elle en charge les frais de la convention ?
Le divorce par consentement mutuel, ou divorce « amiable », a été simplifié en France. Il ne nécessite plus de passer devant un juge mais impose que chaque époux soit assisté par son propre avocat. Ensemble, ils rédigent une convention de divorce qui est ensuite enregistrée chez un notaire. Si cette procédure est plus rapide, elle a un coût non négligeable : les honoraires des deux avocats. C’est une dépense que beaucoup de couples en séparation n’anticipent pas, et qui peut ajouter une pression financière à une situation déjà éprouvante.
La protection juridique peut être une aide précieuse dans ce contexte, mais ses conditions d’intervention sont spécifiques. La plupart des contrats excluent les litiges relevant du droit de la famille. Toutefois, de plus en plus d’assureurs proposent une intervention ciblée spécifiquement pour le divorce par consentement mutuel. Dans ce cas, l’assurance prend en charge une partie ou la totalité des honoraires de votre avocat pour la rédaction et la négociation de la convention. C’est un soutien financier considérable quand on sait que le coût d’une telle procédure peut vite atteindre plusieurs milliers d’euros. Une consultation d’avocat spécialisé en droit de la famille coûte entre 200 et 300€ de l’heure, à comparer avec une cotisation de PJ annuelle souvent inférieure à 100€.

Il est cependant impératif de vérifier deux points cruciaux avant de compter sur cette aide. Le premier est le délai de carence : la plupart des contrats prévoient une période (souvent 12 à 24 mois) après la souscription pendant laquelle cette garantie ne peut pas être activée. Il est impossible de souscrire une PJ aujourd’hui pour divorcer demain. Le second point est l’antériorité du litige : la cause du divorce (la séparation effective) ne doit pas être antérieure à la souscription du contrat. Si ces conditions sont remplies, la PJ devient un allié financier qui vous permet de choisir un avocat pour défendre au mieux vos intérêts (prestation compensatoire, garde des enfants) sans que le coût ne soit le critère principal de votre choix.
Lunettes cassées ou blessure : comment la RC indemnise-t-elle différemment selon le type de dégât ?
Un tiers casse maladroitement vos lunettes de vue ou, plus grave, vous blesse lors d’une activité. Le responsable est identifié et assuré. Qui paie ? L’erreur la plus fréquente est de croire que votre propre assurance va vous indemniser. C’est faux. C’est la Responsabilité Civile (RC) du responsable qui doit couvrir votre préjudice. Votre contrat d’assurance habitation n’a, a priori, aucun rôle à jouer pour vous dédommager. Son rôle, via la garantie Défense Pénale et Recours suite à Accident (DPRSA), est souvent limité aux accidents de la circulation ou aux sinistres couverts par votre contrat (incendie, dégât des eaux).
Alors, à quoi sert la protection juridique dans ce cas ? Elle ne vous indemnise pas directement, mais elle devient votre meilleur allié pour obtenir l’indemnisation qui vous est due. Elle agit en « recours ». Concrètement, si le tiers responsable ou son assureur tarde à payer, refuse de reconnaître sa responsabilité ou vous propose une indemnisation dérisoire, votre PJ se charge de tout. Elle mandate ses juristes pour envoyer une mise en demeure, faire pression sur l’assureur adverse et, si nécessaire, financer une procédure en justice pour l’y contraindre. Sans cet appui, vous seriez seul pour mener ce combat complexe.
La différence d’intervention est encore plus flagrante en cas de préjudice corporel. Si l’indemnisation proposée par l’assurance adverse vous semble sous-évaluée (ce qui est fréquent), votre protection juridique peut financer une contre-expertise médicale. Elle mandate un « médecin de recours » indépendant qui évaluera votre préjudice de manière objective pour défendre vos intérêts. C’est une arme décisive pour obtenir une juste réparation, un service totalement absent d’une garantie RC classique. La PJ ne paie pas les dégâts, elle s’assure que celui qui doit payer le fasse, et au juste prix.
- Dommage matériel (ex: lunettes) : La PJ rédige et envoie la mise en demeure au responsable et à son assureur pour obtenir un remboursement rapide.
- Tiers non assuré : La PJ vous aide à monter le dossier pour saisir le tribunal compétent et obtenir un titre exécutoire.
- Préjudice corporel : La PJ finance un médecin-expert de recours pour contester l’offre de l’assurance adverse.
- Indemnisation sous-évaluée : La PJ prend en charge les frais d’avocat pour négocier ou attaquer l’assureur adverse en justice.
À retenir
- La Responsabilité Civile (RC) de votre assurance habitation vous couvre quand vous causez un tort, la Protection Juridique (PJ) vous défend quand vous en subissez un.
- La PJ finance les frais d’expertise et d’avocat, des coûts qui poussent 90% des particuliers à abandonner leurs droits faute de moyens.
- Elle intervient dans tous les domaines de la vie (travail, consommation, famille, voisinage, e-réputation), là où les garanties de base sont impuissantes.
Renonciation à recours : pourquoi le bailleur vous oblige-t-il à renoncer à l’attaquer en cas d’incendie ?
En signant votre bail de location, vous avez peut-être rencontré une clause étrange : la « renonciation à recours ». En substance, cette clause stipule que vous (et votre assureur) renoncez à vous retourner contre le bailleur (et son assureur) en cas de sinistre, comme un incendie ou un dégât des eaux, même s’il en est à l’origine. Pour le bailleur, l’objectif est simple : éviter que son assurance soit mise en cause par celle de son locataire, ce qui simplifie la gestion des sinistres et évite une augmentation de ses cotisations. Cela peut sembler totalement abusif et vous donner le sentiment d’être pieds et poings liés.
Pourtant, cette clause, bien que légale, a des limites strictes. Votre protection juridique est l’outil parfait pour les identifier et, le cas échéant, les faire tomber. La jurisprudence est constante sur ce point : la renonciation à recours ne peut pas s’appliquer en cas de faute lourde du propriétaire. Par exemple, si l’incendie est dû à une installation électrique manifestement non conforme et vétuste que le bailleur n’a jamais entretenue malgré vos alertes, la clause devient inopérante. Le problème est qu’il faut pouvoir le prouver.
C’est là que la PJ intervient. Elle peut d’abord, en amont, analyser votre bail avant signature pour vous alerter sur la portée de telles clauses. En cas de sinistre, elle est surtout décisive pour faire la preuve de la faute lourde. Elle va financer une expertise incendie indépendante pour déterminer l’origine exacte du sinistre. Si cette expertise met en évidence un manquement grave du bailleur à ses obligations (logement non décent, défaut d’entretien majeur…), la PJ financera l’avocat pour faire annuler la clause et obtenir une juste indemnisation de vos préjudices non couverts par votre propre assurance.
La clause de renonciation à recours ne s’applique généralement pas en cas de faute lourde du bailleur, notamment pour une installation électrique non conforme.
– Me Jean Dupont, Guide pratique du locataire 2024
Attestation RC scolaire ou vie privée : quelle différence juridique pour couvrir les bêtises de votre enfant ?
À chaque rentrée scolaire, c’est le même rituel : l’école vous réclame une attestation d’assurance. Vous la fournissez via votre assurance habitation, qui inclut une Responsabilité Civile (RC) vie privée. Mais que couvre-t-elle vraiment ? Et surtout, que ne couvre-t-elle pas ? Comprendre cette distinction est crucial, car les risques modernes auxquels les enfants sont exposés dépassent de loin le cadre de la cour de récréation. La RC scolaire ou la RC vie privée sont des boucliers efficaces pour les « bêtises » classiques : si votre enfant casse les lunettes d’un camarade ou raye une voiture avec son vélo, la RC indemnisera la victime. Elle couvre les dommages matériels et corporels causés à des tiers.
Le problème est que cette garantie est totalement impuissante face à de nombreux litiges modernes, et notamment le cyberharcèlement. Si votre enfant est victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, d’usurpation d’identité ou de diffusion de photos sans son accord, la RC ne vous sera d’aucune aide. Il ne s’agit pas d’un dommage matériel à indemniser, mais d’une atteinte à sa personne, à sa réputation. Pour agir, il faut identifier les auteurs, les faire convoquer, porter plainte, faire retirer les contenus… Des démarches complexes et potentiellement coûteuses pour lesquelles la RC n’offre aucune prise en charge.
C’est dans ce genre de situation que la protection juridique autonome démontre sa supériorité et sa pertinence. Elle est conçue pour défendre vos intérêts, pas seulement pour indemniser les autres. En cas de cyberharcèlement, elle financera les frais d’avocat pour déposer une plainte, paiera l’huissier pour faire constater les publications et vous accompagnera dans toutes les démarches pour protéger votre enfant. C’est l’outil de défense indispensable pour les parents du 21e siècle, bien au-delà de la simple attestation demandée par l’école.
| Type de garantie | Couverture | Limites cruciales |
|---|---|---|
| RC scolaire | Dommages causés sur le trajet et durant les activités scolaires. | Ne couvre pas hors du cadre scolaire (week-end, vacances). |
| RC vie privée (MRH) | Tous les dommages matériels et corporels causés par l’enfant. | Ne couvre pas les litiges immatériels (diffamation, harcèlement). |
| Protection Juridique | Défense de l’enfant victime (cyberharcèlement, e-réputation, agression). | Intervient quand la RC est impuissante. |
En définitive, croire que sa seule assurance habitation suffit est la plus grande vulnérabilité d’un particulier. C’est se contenter d’un bouclier quand on a besoin d’une épée. La protection juridique autonome est cet outil. Pour quelques euros par mois, elle vous donne les moyens de ne plus subir, de transformer le stress d’un litige en une procédure maîtrisée, et de faire de vos droits une réalité tangible. Évaluez dès maintenant votre niveau de couverture et demandez-vous si vous êtes réellement armé pour faire face aux injustices du quotidien.
Questions fréquentes sur la protection juridique
Ma RC habitation me protège-t-elle si j’attaque un artisan pour malfaçon ?
Non, la RC vous couvre uniquement pour les dommages que VOUS causez à autrui. Pour attaquer un professionnel, il faut une garantie Recours ou une protection juridique autonome qui financera les frais d’expert et d’avocat.
Quelle est la différence entre garantie Défense-Recours et Protection Juridique ?
La garantie Défense-Recours, souvent incluse dans la MRH, est limitée aux litiges liés à un sinistre couvert par votre contrat (par exemple, un recours contre un tiers après un dégât des eaux). La Protection Juridique autonome est beaucoup plus large et couvre la quasi-totalité des litiges de la vie quotidienne, même en l’absence de sinistre (travail, consommation, famille, etc.).
La garantie décennale de l’artisan suffit-elle en cas de malfaçon ?
Non, car la garantie décennale doit être « actionnée », ce qui est un processus complexe. La protection juridique est essentielle car elle finance le dialogue souvent conflictuel entre votre expert, l’expert de l’artisan et les assureurs respectifs pour obliger l’assurance de l’artisan à intervenir.
La clause de renonciation à recours dans mon bail me prive-t-elle de tout recours contre mon bailleur ?
Non, elle ne s’applique pas en cas de faute lourde prouvée du bailleur (par exemple, un défaut d’entretien majeur ayant causé le sinistre). La protection juridique est l’outil qui vous permettra de financer une expertise pour prouver cette faute lourde et rendre la clause inefficace.
Comment la protection juridique peut-elle m’aider face à cette clause ?
Elle peut intervenir à deux niveaux : en amont, en analysant votre bail avant signature pour vous en expliquer la portée, et en aval, en finançant une expertise et une procédure judiciaire pour prouver une faute lourde du bailleur qui rendrait la clause de renonciation inapplicable.